Journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives

Le 25 septembre de déroulait la commémoration en l’hommage aux harkis sur la commune de la Ville de Bagnols-sur-Cèze, au square Thome. Une commémoration particulière puisque nous inaugurions le nouvel emplacement de la stèle, aux côtés des autres témoignages des combats passés, une reconnaissance.

Un moment important pour se souvenir de l’histoire singulière des harkis, dans la continuité des annonces et du discours du Président de la République.


Retrouvez ma prise de parole


Monsieur le Maire,
Mesdames et messieurs les maires,
Mesdames et messieurs les conseillers municipaux,
Mesdames et messieurs les officiers généraux,
Mesdames et messieurs les présidents et représentants d’associations d’anciens combattants,
Messieurs les portes drapeaux,
Anciens Harkis, anciens membres des formations supplétives,
Epouses, conjointes, familles, enfants d’anciens harkis,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,

Ce 25 septembre marque, depuis 2003, la « journée nationale d’hommage aux Harkis et autres membres des formations supplétives ». Elle a été instituée, plus de 40 ans après la fin des combats, en reconnaissance des sacrifices consentis ou subis du fait de leur engagement au service de la France lors de la guerre d’Algérie.

Mais une journée ne saurait résumer votre engagement, celui de vos proches, de vos parents. On ne peut réduire à une journée un pan de notre histoire, cette histoire singulière des harkis. Une histoire douloureuse, une histoire de déchirure et de tragédie, comme l’a rappelé le Président de la République lundi.

Une histoire de déchirures car vous avez dû partir de votre terre natale, vous séparer de vos familles, de vos amis restés en Algérie, laisser vos cultures, vos traditions, votre langue, fuir ce pays pour vivre ou plutôt survivre.

Une histoire de tragédies car, pour celles et ceux qui n’ont pu s’enfuir, ce fut le temps sombre des représailles, de l’angoisse, des massacres, des traques.

Une tragédie qui ne s’est pas arrêtée aux frontières de l’Algérie, loin s’en faut, tant l’accueil ne fut pas digne des valeurs de la France.

La France, pays des Lumières, patrie des droits de l’Homme, s’est alors perdue dans ce qu’elle doit être, en ouvrant des camps, parfois même des prisons plutôt que d’ouvrir ses bras.

Non, ce ne fut pas digne…

Pas digne d’un pays redevable envers ceux qui se sont battus pour lui, qui ont versé leur sang, qui ont tout sacrifié, jusqu’à leur vie.

Pas digne des valeurs qui fondent la France, qui n’a pas su accueillir, protéger, celles et ceux qui n’avaient d’autre choix que l’exil pour vivre.

Cet abandon de la République fut enfin reconnu en 2001 et sa reconnaissance a ouvert le chemin du devoir de mémoire et de celui de la vérité.

Ainsi, soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie, la France a fait un pas important vers la reconnaissance de sa responsabilité dans la souffrance des harkis en présentant des excuses officielles. Le temps du déni, du refus, du rejet et de l’ignorance est désormais derrière nous, et c’est très bien ainsi. Enfin !

J’accueille les propos du Président de la République lors de l’hommage aux harkis ce lundi avec une profonde satisfaction, en particulier au regard de l’histoire de notre territoire du Gard et du Camp de Saint-Maurice l’Ardoise à Saint-Laurent-des-Arbres.

Par ses mots de pardon, le président de la République reconnait les manquements de la France à ses valeurs et à ses devoirs envers les harkis et leur famille.

Il ouvre ainsi une nouvelle étape pour la mémoire et la réparation des harkis. Un projet de loi de « reconnaissance et de réparation » à l’égard des harkis sera prochainement débattu et j’en prendrai toute ma part, aux côtés de mes collègues parlementaires,

Le Président de la République s’y est engagé et nous nous y engageons tous.

Nous nous y engageons nationalement, par ce devoir de revalorisation des allocations pour les anciens combattants et leur veuve, parce que, c’est un fait, ils furent moins bien traités que d’autres. Nous nous y engageons par la mise en place une commission nationale – adossée au service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre – qui supervisera le processus de recueil nécessaire de précieux de témoignages et de réparation des anciens combattants, de leurs veuves, de leurs enfants et petits-enfants qui ont eu à vivre dans ces camps.

Nous nous y engageons localement, symboliquement mais fermement, en inaugurant, aujourd’hui, ici, aux côtés de celles et ceux qui se sont battus pour la France et ses valeurs, le nouvel emplacement de la stèle à la mémoire des harkis. Et là aussi ce n’est que justice et reconnaissance que d’offrir un lieu digne pour se recueillir et se souvenir.

Car l’histoire des harkis est notre histoire, celle de la France.

Enfin, je m’y engage et je continue de m’engager, personnellement et en toute humilité, aux côtés de l’agglomération du gard rhodanien, des élus de Laudun-l’Ardoise et de Saint-Laurent-des-Arbres ainsi que les représentants de la communauté harkis à poursuivre le travail de la création de l’espace mémoriel à Saint-Maurice l’Ardoise. Un projet qui a connu des avancées significatives avec notamment l’engagement solennel de Madame la Ministre sur la dévotion d’une partie du foncier militaire à proximité du lieu où le camp de Saint-Maurice fût. Mais aussi par la création, en 2020, d’un comité de pilotage qui, crise sanitaire oblige, se réunira de nouveau très prochainement et se déplacera sur le Mémorial du camp de Rivesaltes. Un déplacement qui permettra d’échanger et de tracer les premières perspectives et réflexions sur ce lieu de mémoire.

Car si la reconnaissance de l’histoire singulière des harkis et des devoirs que la France leur doit passe par ce texte de loi, la reconnaissance passe aussi par le devoir de mémoire, la transmission , notamment en direction des jeunes générations.

Je vous remercie.

Vive la République, Vive la France.




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