1ères assises des violences faites aux femmes : la honte et la peur doivent changer de camp!


J’intervenais aux premières assises des violences faites aux femmes (http://www.assises-violences-femmes.fr/) qui se déroulaient sur le Site du Pont du Gard.

Le Gard est particulièrement touché par les violences conjugales, totalisant 2034 interventions des forces de l’ordre pour des cas de violences conjugales : 1650 femmes ont été victimes des violences en 2020.
La lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes est une des grandes priorités de la majorité et du Gouvernement. Le Grenelle des violences conjugales est né le 3 septembre 2019 de cette volonté et des avancées conséquentes sur ce sujet sensible sont désormais effectives :
👉 Ouverture de 2 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence ;
👉 Formation de 90 000 policiers et gendarmes ;
👉 Mise à disposition de 1 000 bracelets anti-rapprochement ;
👉 Extension des horaires du 3919, 24h/24 et 7 jours sur 7 ;
👉 Déploiement de 3 000 téléphones grand danger d’ici fin 2021

Nous sommes mobilisés depuis le début du quinquennat pour offrir toutes les réponses possibles et nous devons continuer à travailler sur ce sujet sensible. Ce rendez-vous est un outil précieux pour discuter, échanger et proposer des solutions pour mieux accompagner, mieux protéger les victimes de ces violences.


Retrouvez ci-après ma prise de parole :


Prendre la parole devant vous aujourd’hui est un honneur, car c’est pour moi l’occasion de vous dire l’immense respect que je porte à celles et ceux qui représentent cette chaîne indispensable de protection, de soutien, de conseil, et d’accompagnement face aux violences faites aux femmes.

Professionnels de santé, policiers, gendarmes, magistrats, avocats, travailleurs sociaux, élus, associations tous réunis aujourd’hui.
Vous allez pouvoir échanger, partager des solutions, voir ce qui fonctionne et ce qui nécessite une amélioration, proposer et coconstruire, retravailler ensemble autour de ce sujet sensible trop longtemps resté tabou dans notre société : cette honte nationale que sont les violences faites aux femmes.

Une honte nationale, comme l’a justement qualifiée le Président de la République en 2017, engageant avec lui son gouvernement et sa majorité à faire de ce sujet des violences faites aux femmes, une grande priorité nationale.

Cette honte, qui doit devenir celle des auteurs de violences, cette honte qui comme la peur doit changer de camp, pour permettre aux victimes de retrouver une vie normale, loin des coups, des insultes, des menaces et espérer une reconstruction sous la protection de la république.

A la suite du Grenelle des violences conjugales, et d’ici la fin du mandat nous aurons ouvert 2 000 nouvelles places d’hébergement d’urgence, formé 90 000 policiers et gendarmes aux violences conjugales et 100% des élèves à l’accueil et l’accompagnement des victimes, mis à disposition 1 000 bracelets anti rapprochement, rendu le numéro d’appel 3919 opérationnel 24h/24 et 7 jours sur 7, déployé 3 000 téléphones grand danger, suspendu le droit de visite et d’hébergement des enfants mineurs aux parents violents et ouvert 30 centres de prise en charge des auteurs de violences.

Il nous faut encore intensifier nos actions en permettant l’établissement d’un fichier des auteurs de violences conjugales, en lançant une instance de suivi judiciaire des situations individuelles dans les tribunaux judiciaires. C’est ce que nous examinerons entre autres prochainement dans le projet de loi responsabilité pénale et sécurité intérieure.

Des actes et des engagements pour offrir toutes les solutions possibles et éviter de nouveaux drames.

Ces femmes victimes doivent pouvoir bénéficier du meilleur accompagnement qui soient et je ne doute pas que cette journée, centrée autour du parcours d’une femme victime de violences, depuis le dépôt de plainte jusqu’à l’accompagnement dans la protection juridique saura apporter son lot d’idées, de solutions concrètes pour ne laisser personne seul face aux violences commises par leur ancien ou actuel partenaire.

Je vous sais particulièrement mobilisés sur ce sujet d’importance nationale. J’ai eu l’opportunité, d’échanger avec certains d’entre vous, lors d’immersions au sein de brigades de Gendarmerie ou au tribunal judiciaire de Nîmes.

J’ai pu mesurer aux côtés de M. le procureur de la République, lors d’une réunion de travail autour des violences faites aux femmes en présence, notamment, de Madame la sous-préfète Joelle Gras, de magistrats, d’associations dont le CIDFF, votre parfaite implication, à partager des initiatives, trouver des solutions.

Mesdames et Messieurs,

La honte comme la peur doivent changer de camp, face à l’inacceptable, et l’intolérable, nous avons tous un rôle à jouer, celui de sensibiliser et prévenir, celui d’être vigilant et à l’écoute, celui d’alerter, celui de légiférer, sanctionner et punir les responsables, mais aussi celui d’aiguiller et conseiller les victimes de ces violences vers ce parcours, que nous savons tous perfectible et fragile, et qui est la raison de notre présence ici.

Encore une fois toute ma gratitude pour votre engagement. Je vous souhaite de bonnes assises et de bons ateliers, en faisant le vœu que ce rendez-vous annuel ne s’inscrive pas dans la durée, ce qui sera synonyme de notre réussite, collective.

Je vous remercie.

– Communauté de Communes du Pont du Gard, Préfète du Gard, Gendarmerie du Gard, Police Nationale, CIDFF du Gard, FNCIDFF-Fédération nationale des CIDFF, Ministère de la Justice




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