Question au Gouvernement (QAG) d’Anthony Cellier sur Astrid



Retrouvez en intégralité ma question orale sans débat au gouvernement sur le projet de démonstrateur technologique de réacteur de 4ème génération, baptisé Astrid, du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).

Rappelant l’objectif porté par ce programme de « permettre à la France d’accéder plus rapidement à la technologie du nucléaire de 4ème génération » tel qu’énoncé dans le rapport relatif à la mise en œuvre et au suivi des investissements d’avenir, annexe au projet de loi de finances pour 2018, je suis revenu sur la décision prise par la France, en 2006, par la voix du Président de la République « de lancer […] la conception, au sein du Commissariat à l’énergie atomique, d’un prototype de réacteur de 4ème génération, qui devra entrer en service en 2020. »

2018 est une « une année charnière particulièrement importante pour la poursuite, ou non, de cette opération ».

Au-delà du clivage pro et anti-nucléaire, j’estime qu’une décision primordiale qui influencera notre politique énergétique pour les décennies à venir doit être prise et qu’un choix se propose :
– conserver notre leadership international en poursuivant ce programme, tout en s’inscrivant dans le cap fixé par la loi de transition énergétique pour la croissance verte, ou
– mettre fin à la recherche.

J’ai également demandé au gouvernement quels partenariats pourraient être conclus afin de financer Astrid.

Par la voix de Mounir Mahjoubi, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé du Numérique, Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire, m’a offert une réponse claire et détaillée.

Le ministre est revenu sur le calendrier d’Astrid :
– Janvier 2016-2019 : avant-projet détaillé
– 2020-2023 : phase de consolidation
– À partir de 2023 : décision de construction
– 2024-2028 : développement
– 2029-2039 : construction
– 2039 : première criticité ou première réaction dans le réacteur.

L’Etat décidera courant 2018 de la poursuite, ou non, du projet. Cette décision se basera sur plusieurs enjeux :
– gestion à long terme des matières et déchets radioactifs ;
– pertinence économique et horizon possible du déploiement d’une filière de réacteurs à neutrons rapides en France, en Europe et à l’international ;
– financement par des partenaires français et étrangers.

Il m’a précisé que l’ensemble des acteurs de la filière impliqués dans le programme étaient associés aux réflexions de l’Etat et qu’il avait été demandé au CEA « de rechercher activement les voies d’un approfondissement de la coopération existante avec le Japon en visant une participation financière japonaise significative proportionnée à l’implication de cet acteur, qui aujourd’hui, est le premier partenaire technique du projet. »

Pour finir, je n’ai pas manqué d’inviter les ministres à se rendre sur le site de Marcoule afin d’échanger avec les acteurs économiques locaux qui attendent les décisions et les avancées de l’avant-projet.




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