Les 5èmes Assises du démantèlement



Retrouvez mon intervention aux 5èmes Assises du démantèlement où je n’ai pas pu me rendre. Je souhaitais cependant m’exprimer sur ce sujet majeur.

La politique énergétique est une construction délicate qui entremêle enjeux nationaux et internationaux.

Décarbonisation, indépendance, sécurité d’approvisionnement, pouvoir d’achat, sureté, emploi, innovation, autant de problématiques auxquelles notre stratégie se doit de répondre.

– Décarboner, c’est ne pas contribuer au réchauffement climatique.
– Etre indépendant, c’est ne pas être soumis aux fluctuations des marchés et aux aléas géopolitiques.
– Sécuriser, c’est permettre à chaque Français de ne pas se soucier d’un hiver plus rigoureux.
– Assurer une énergie à des tarifs compétitifs, c’est préserver le pouvoir d’achat de nos concitoyens.
– Prévoir des normes de sureté exigeantes et contrôlées, c’est protéger notre population et notre environnement.
– Lancer ou moderniser une filière, c’est créer et pérenniser des emplois.
– Innover, c’est penser à demain et aux générations futures.

Il y a plus de cinquante ans, la France a fait le choix de placer l’énergie nucléaire – qui répondait alors à l’ensemble de ces critères – au centre de sa stratégie énergétique.

Aujourd’hui encore, l’atome reste le pilier de notre mix énergétique, représentant plus de 75% de la part de production électrique. Vouloir balayer cette réalité d’un revers de la main serait une utopie.
Pour autant les évolutions technologiques dans les énergies renouvelables, le stockage et l’efficience énergétique sont, pour certaines d’entre elles, arrivées à maturité. Elles nous conduisent à repenser notre politique énergétique.

La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, adoptée en 2015, prévoyait notamment des objectifs de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% à l’horizon 2025, tout en augmentant la part des énergies renouvelables.

Bien que louables, ces objectifs n’étaient pas réalistes dans un laps de temps si court.

Le temps de l’énergie est un temps long, mais les objectifs restent les mêmes.

L’énergie nucléaire est un socle qui nous permet d’aborder cette transition sereinement, et en cohérence avec nos engagements internationaux pour le climat.

Notre pays, nos territoires, notre économie, nos entreprises – grands groupes comme PME sous-traitantes – doivent mettre à profit ce temps pour préparer leur propre transformation et faire émerger les filières de demain.

La politique énergétique est une construction collective avec des obligations sociales, économiques environnementales, aux opportunités multiples. C’est un défi majeur que nous devons aborder ensemble, et pour lequel notre territoire a toute sa légitimité.




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